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Non au démembrement d'EDF !

J'intervenais ce matin lors de la niche parlementaire PS contre le démantèlement d'EDF. J'accuse le gouvernement de sacrifier les intérêts nationaux au profit du marché mondialisé et je propose un plan ambitieux pour remettre le nucléaire au cœur de la stratégie énergétique française.


Malgré des critiques sévères, j'appelle à voter pour le texte présenté, le considérant comme un premier pas vers la restauration de l'indépendance énergétique et la défense des intérêts français dans le secteur de l'énergie.


Protéger le groupe EDF d'un démembrement - Jeudi 29 février 2024


Mon Intervention


Comme Napoléon qui à son retour d’exil vola de clocher en clocher de l’ile d’Elbe à Notre Dame de Paris. Le Rassemblement National va de victoire idéologique en victoire idéologique jusqu’à, je l’espère, non pas Notre Dame mais l’Elysée en 2027.


D’abord grâce à la Macronie, avec un projet de loi sur l’immigration plus dur que prévu, l’annonce de la fin du droit du sol à Mayotte, puis sur l’agriculture avec la

suspension des négociations sur le traité de libre-échange entre l’UE et le MERCOSUR.

 

Aujourd’hui c’est à la gauche de nous donner raison en essayant de sauver EDF après avoir participé à son démembrement main dans la main avec les Verts.

 

Sauver ? Je devrais plutôt dire rafistoler, car ce texte de loi ne rétablit pas le monopole d’EDF. Ce texte ne réunit pas les activités de production, de transport, de distribution et de fourniture d’énergie au sein d’EDF.


Le rétablissement de ce monopole permettrait pourtant le retour des tarifs réglementés et d’une énergie bon marché, assurant à la France un avantage compétitif sur ses concurrents à l’international, mais surtout rendant aux Français du pouvoir d’achat mis à mal par l’inflation et la crise énergétique.

 

Nous au Rassemblement National, nous voulons aller plus loin, avec une réforme aussi ambitieuse que le plan Messmer. Avec notre plan Marie Curie nous voulons remettre le nucléaire au cœur de notre stratégie énergétique en prévoyant la construction de 20 nouveaux EPR pour assurer à la France son indépendance énergétique et permettre une VRAIE réindustrialisation du pays.


Malgré les annonces du gouvernement, le compte n’y est pas, les belles paroles sur la réindustrialisation n’entraîne aucune politique énergétique d’ampleur. La désindustrialisation continue, et l’énergie perdue depuis la fermeture honteuse de la centrale de Fessenheim n’a toujours pas été récupérée.

 

Néanmoins ce texte demeure important, car grâce à l’actionnariat salarié instauré par le Rassemblement National, le gouvernement ne pourra pas démembrer EDF en catinimi comme il voulait le faire.


En hémicycle, vous n’avez de cesse de répéter que le plan HERCULE est enterré. Mais nous ne vous faisons pas confiance. Car comment faire confiance à un gouvernement qui a bradé Alstom Energie, Alcatel, Technip et brade aujourd’hui ATOS ?


Si demain la commission européenne lève le petit doigt, et vous demande de démanteler EDF, vous vous coucherez, comme à votre habitude, sans opposer la moindre résistance. Comme les bons exécutants que vous êtes.

 

C’est pourtant cet amendement primordial que vous avez, monsieur le rapporteur, décidé d’abandonner.


Cette décision est d’autant plus incompréhensible que nous avions, nous les oppositions, réussis à faire adopter cette loi pas une, pas deux mais cinq fois contre l’avis du gouvernement.


Vous étiez en position de force pour négocier et malgré cela vous ressortez avec le pire accord de l’histoire.


Mais qu’avez-vous gagné ? Une promesse de maintenir un article 3bis temporaire et sous la menace constante du Conseil Constitutionnel alors qu’une solution simple et efficace existe : sortir du marché européen de l’électricité.


Plutôt qu’un article temporaire, préférons une politique de long terme, car sans sortir du marché européen de l’électricité, vous ne retrouverez ni notre compétitivité historique, ni le

pouvoir d’achat des Français sacrifié depuis des années au nom du dogme eurobéat dicté par la commission de Bruxelles.


Loin d’être farfelue, c’est une solution simple et pragmatique mise en place en Espagne et au Portugal avec des résultats immédiats sur l’inflation et sur le prix de l’électricité pour les ménages et les entreprises.


Cela aurait évité de nombreuses faillites et l’accroissement de notre dette mais Bruno le Maire semble avoir pour objectif de battre tous les records sur ce sujet.

 

Avec cet accord, vous vous rendez complice de la spoliation des actionnaires salariés d’EDF.


Ces citoyens qui sous l’incitation de sa direction et du gouvernement avaient acquis leurs titres à 25€, voire 66€ se sont vus rachetés leurs actions à 12€ le 8 juin 2023. Et pourquoi ce rachat précipité en 2023 ?


Tout simplement car ce fût la pire année de l’histoire du groupe et quand il s’agit de prendre les Français pour des vaches à lait, on sait que Bruno Le Maire est toujours là pour en profiter ! C’est un peu ses soldes à lui.

 

Le pire dans cette histoire messieurs les rapporteurs, c’est que comme avec le projet de loi immigration, vous allez être cocu.


Comment pouvez-vous croire que le Sénat renoncera à l’actionnariat salarié ? Vous allez partir sur une 4 e peut être même une 5 e lecture, mais d’ici là le mal aura été fait.


Car depuis 2017, Bruno Le Maire a démontré son incapacité à gérer les comptes publics en se faisant le complice d’un gouvernement qui a systématiquement privilégié les intérêts du

marché mondialisé sur celui de la France et des Français.


Comment pouvez-vous faire confiance à ceux qui échouent depuis tant de temps ?

 

Dans ma première intervention sur ce sujet, monsieur le rapporteur j’avais déclaré que vous n’étiez pas responsable des erreurs de votre parti car né trop tard. Malheureusement si vous allez au bout et que vous ne retirez pas vos amendements, vous aurez, vous aussi trahi.

 

Beaucoup dans cet hémicycle se réclament du général De Gaulle, mais quand il s’agit de défendre son héritage, les grands projets industriels, le nucléaire, la souveraineté ou encore l’actionnariat salarial seul le Rassemblement National est présent !


Contrairement à une grande partie de cet hémicycle, nous n’avons jamais transigé avec les intérêts de la nation.

 

Ce texte qui ne serait jamais allé aussi loin sans nos voix, doit être voté en l’état. Insuffisant peut être mais j’espère qu’il sera le premier pas vers le retour de notre champion de l’énergie, la fin de l’ARENH et la sortie du marché européen de l’électricité.



Alexandre Sabatou
Député de l'Oise

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Alexandre Sabatou, député Rassemblement National de l'Oise
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